C’est dans des grottes espagnoles et du Sud-Ouest de la France que l’on trouve les premières représentations de semelles sur des fresques murales, datant de 10 000 ans avant J-C.
De même qu’il s’est recouvert de peaux de bêtes pour lutter contre le froid, l’homme préhistorique a cherché à protéger ses pieds des aspérités du sol en utilisant des écorces d’arbres, des lames de bois ou du rafia, selon la région. A l’origine, on marche donc sur une semelle fixée sommairement sous le pied selon différentes méthodes : c’est l’ancêtre de la chaussure.
La chaussure n’aura pour fonction, à l’aube de sa création, que de fixer solidement la semelle sous le pied. Le mot « semelle » vient du mot latin lamella qui signifie « petite lame ». Il y aura un grand pas à franchir entre cette protection primaire de la plante du pied et la véritable chaussure. Pendant des siècles, la semelle redeviendra un simple composant et c’est seulement au XXe siècle qu’elle est considérée, avec ses valeurs, son confort, comme un accessoire de mode à part entière.

Au fil des siècles, la marche deviendra plus facile avec des semelles en cuir, plus souple que le bois…
Les fines lanières de cuir qui soutenaient la semelle remontent le long de la jambe : la semelle à longues lanières de cuir va faire fureur pendant plusieurs siècles ! Sous l’empire romain, la fameuse « caligule » qui a donné son nom à l’empereur CALIGULA chaussera pendant très longtemps les soldats de l’armée romaine.
Au Moyen âge, les lanières de cuir vont s’élargir et donner naissance à la chaussure « moderne ». Cette époque est une période charnière pour la chaussure car la tige, c’est-à-dire la partie haute de la chaussure, devient la pièce maîtresse, alors que des siècles durant, cela avait été la semelle. La tige est adaptée aux différentes activités de la vie quotidienne : la chasse, la vie à la cour, les métiers…
On laisse libre cours à la créativité, favorisée par le développement de l’artisanat et du commerce : l’espadrille apparaît au XIIIe siècle en Espagne, au même moment naît la « Poulaine » en Pologne. Au XVIe siècle, en pleine Renaissance Italienne, c’est à Venise qu’apparaissent les premières chaussures à semelle « plateforme », la « Chopine », haute de 40 à 60 cm.
De tout temps, la chaussure a été assimilée à un objet de positionnement social. Sous les Romains, seuls les hommes libres avaient le droit de porter des chaussures. Par la suite, ce sera la hauteur du talon qui marquera la différence sociale. « Dis moi ce que tu chausses, je te dirai qui tu es ».
Au XIXe siècle, la chaussure va vivre une autre révolution : L’apparition de la machine à coudre qui va modifier complètement l’organisation de la profession en augmentant la productivité avec une plus grande variété de matériaux.
Au XXe siècle, on voit apparaître des chaussures adaptées pour chaque activité : la boxe, le football, le cricket, l’escalade, l’alpinisme, la danse avec la ballerine…qui vont donner naissance à des marques célèbres : la « CONVERSE » inspirée des chaussures de boxe en 1908, la « DOC MARTENS » conçue à partir de la chaussure de sécurité au début des années sixties, la ballerine « REPETTO » va quitter les pistes de danse et envahir les rues…
La chaussure devient alors un objet de marketing qui véhicule une forte communication : dans les années 70, la célèbre chaussure « DESERT BOOT » de « CLARKS » devient le symbole de toute une génération dans le monde entier.
La mondialisation du commerce et de la communication, la protection de l’environnement vont amener les consommateurs à se singulariser, en opposition à cette culture de masse : on recherche désormais des produits « de caractère » à forte valeur ajoutée. La semelle devient ainsi un accessoire à part entière aussi identifiable que la tige : c’est la semelle pourpre de « Louboutin », la semelle en damier de « NorthFace », la semelle qui respire de « Geox », la semelle crêpe de « Clarks » etc…
La semelle Lactae Hevea se situe dans cette catégorie de produit très marketing, avec une identité forte : elle est écologique, elle est élaborée au travers d’un savoir faire artisanal exclusif, elle offre les plus grandes qualités de confort, de légèreté et de souplesse… Elle est unique et reconnaissable entre toutes.
La semelle a acquis ses lettres de noblesse.
Plus qu’une simple protection du pied, elle est symbole de valeurs, de tradition et d’esthétisme.